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Quel est le travail des femmes aujourd'hui?

par Dianne Rinehart, Juin 2006

Il semble que ce soit l'entrepreneuriat, vu que les femmes démarrent quatre entreprises sur cinq. Voici les défis auxquels les femmes sont confrontées.

Debbie Gracie-Smith n'est pas facilement détournée de ses objectifs d'entreprise. Alors, lorsque Mme Gracie-Smith, qui a été nommée trois années de suite parmi les 100 premières entrepreneures reconnues par le magazine Profit, a eu de la difficulté à clore une transaction après des négociations qui se sont poursuivies toute la journée avec vingt-trois (23) hommes et une femme en Suisse, elle n'a pas paniqué.

Elle a plutôt utilisé son arme secrète : un homme. « Dès que mon partenaire est entré dans la pièce, les clients sont tombés d'accord avec lui sur tous les points », se souvient-elle. Elle en rit maintenant. « La chose la plus intelligente est d'avoir utilisé l'« envers de la médaille, » dit-elle de son homologue mâle.

Comme de nombreuses entrepreneures qui, selon Statistiques Canada, démarrent quatre nouvelles PME sur cinq au Canada et contribuent pour 18 milliards de dollars annuellement à l'économie du pays, Mme Gracie-Smith a appris à parer les coups qui étaient quelquefois dirigés vers les femmes propriétaires d'entreprises depuis qu'elle a démarré sa société de logiciels et de service en informatique, Cratos, en 1999; Cratos est un nom qui découle du symbole grec qui signifie la force et la domination. Autrement, elle n'aurait jamais pu faire croître l'entreprise au point de faire passer les ventes de 400 000 dollars à 8 millions de dollars en deux ans, ce qui lui a valu, en 2003, une quatrième place au palmarès des cinquante (50) entreprises qui affichent la plus forte croissance du magazine Profit.

« Vous pouvez soit passer beaucoup de temps à lutter contre le courant et à perdre des affaires,  » mentionne Mme Gracie-Smith qui est maintenant présidente-directrice générale (elle a vendu ses actions et elle dirige maintenant l'entreprise qu'elle a lancée), « ou vous pouvez suivre le courant et laisser la tâche à une autre personne capable. »

Au fil des ans, elle a appris que les Singapouriens préfèrent faire des affaires avec les femmes, et qu'elle ne doit pas perdre son temps à essayer de faire des affaires avec des Japonais, puisque ces derniers « veulent uniquement parler à mon partenaire d'affaires masculin. »

Toutefois, le sexisme que les entrepreneures endurent n'est que l'un des nombreux défis auxquels elles doivent faire face; ce qui n'a pas empêché plus de 821 000 femmes propriétaires d'entreprise de poursuivre sur leur lancée, selon le dernier décompte au Canada.

Voici certains des défis auxquels elles sont confrontées :

Finances
Les entrepreneures doivent toujours relever des défis auprès des banques, indique Mme Gracie-Smith. « Même s'il existe de nombreux services pour la forme, il est très utile de parler aux femmes travaillant à la banque,  » a-t-elle découvert, particulièrement si le travail d'une de ces femmes consiste à attirer une clientèle commerciale féminine pour la banque. « Il est presque impossible de se rendre à la banque et de dire que vous avez besoin d'un million de dollars, » dit-elle, se rappelant une demande précédente pour un prêt-relais rendu nécessaire parce que des clients avaient accumulé du retard dans le paiement de leur compte. « La banque n'a même pas étudié ma demande. C'est définitivement plus difficile pour une femme.  »

D'autre part, Sherri Stevens, présidente de Stevens Resource Group et gagnante du Prix Élan RBC 2005 l'an dernier, mentionne qu'elle n'a rencontré aucune difficulté lorsqu'elle a démarré son entreprise. Toutefois, « mon premier directeur de banque était une femme, » dit-elle. « Elle a vraiment été gentille et m'a aidée à faire croître mon entreprise », qui emploie désormais 600 personnes temporaires, et à lancer une autre entreprise, QSI, qui offre une main-d'œuvre complète aux entreprises.

Une partie du problème, reconnaît Mme Anne Day, qui a lancé Company of Women il y a trois ans, est le fait que les entrepreneures ne possèdent peut-être pas des compétences suffisantes sur la façon de préparer des plans d'affaires que les banques approuveront. La fondatrice de BB Bargoons, Bonnie Bickel, reconnaissait lors d'un discours que son entreprise de vente au détail de fournitures et d'accessoires d'ameublement de maison était sur pied depuis deux ans avant qu'elle ne réalise qu'elle avait besoin d'un plan d'affaires, indique Mme Day.

Mentorat
Et c'est ici que s'inscrit le mentorat : il offre une culture dans laquelle les entrepreneures peuvent échanger des renseignements et rencontrer d'autres personnes pouvant leur venir en aide. Mais les femmes, indique Mme Day, ne sont pas aussi efficaces que les hommes dans ce domaine. Leurs demandes d'aide ne sont pas aussi directes lorsqu'elles rencontrent des gens lors d'événements.

Mais considérez les avantages à tirer : Lorsque le premier directeur de la succursale de la CIBC avec qui Mme Steven faisait affaire a refusé de lui accorder des prêts additionnels, un mentor rencontré à la Chambre de commerce locale, le chef du centre commercial de la RBC, est venu à sa rescousse. « Je ne sais pas ce que j'aurais fait s'il ne nous avait pas accordé de financement, » dit-elle.

Et Mme Gracie-Smith mentionne que ses efforts initiaux lors du démarrage de son entreprise auraient été plus faciles si elle avait rencontré Betty Wood de RBC, dont le travail consiste à aider les femmes à démarrer leurs entreprises, plus tôt qu'elle ne l'a fait.

En fait, le mentorat et le réseautage lui auraient été utiles au cours de cette période pour mieux comprendre la liste des dix priorités lors du démarrage d'entreprise. Cette liste inclut des éléments comme les exigences juridiques, l'assiette d'imposition et l'endroit où embaucher des conseillers. Mme Gracie-Smith l'a appris péniblement.

Et simplement lui parler de ce qu'elle a appris démontre ce qu'elle pourrait enseigner lors d'une séance de réseautage si quelqu'un le demandait : comme l'achat d'une assurance sur ses comptes débiteurs auprès d'Exportation et développement Canada, car elle fait des affaires avec de nombreux clients à l'étranger, ce qui facilite la capacité de garantir des prêts bancaires et d'acheter de l'assurance contre les erreurs et les omissions. Avant d'apprendre cette leçon, elle a perdu des clients potentiels parce qu'elle n'avait pas ces outils, dit-elle.

Mme Stevens mentionne qu'elle a effectué son réseautage en s'entourant de mentors, y compris certains de ses clients, qui pouvaient lui enseigner ce qu'elle ne savait pas, l'aspect exploitation et finances de l'entreprise par exemple. Puis, en prenant le temps d'apprendre des mentors, elle a fait grandir son entreprise grâce aux conseils judicieux qu'elle a reçus. Son plus récent programme de mentorat consiste en fait à apprendre comment relaxer. Elle s'est jointe à un groupe appelé The Strategic Coach (l'entraîneur stratégique). « Il nous enseigne comment prendre du temps pour nous-mêmes et notre famille et apprendre à jouir de la vie et à savourer nos réussites jusqu'à présent. »

Dans l'intervalle, Mme Gracie-Smith est devenue membre de Company of Women, ainsi que d'un nouveau programme de mentorat à l'intention des entrepreneures de la Rothman School of Management de l'université de Toronto appelé « Step Ahead », qui vise à apparier les entrepreneures et les mentors.

Soins aux enfants
Toutefois, l'une des plus importantes préoccupations que d'autres entrepreneures peuvent partager avec leurs collègues est la façon dont elles ont pu démarrer une entreprise en s'occupant de leurs enfants, puisque la majorité des soins accordés aux enfants et des tâches ménagères semblent encore relever de la responsabilité des femmes.

Mme Day indique qu'elle reçoit souvent des appels de jeunes mères en congé de maternité qui disent ne pas vouloir retourner dans le monde des grandes entreprises et qui souhaitent connaître le type d'entreprise qu'elles pourraient démarrer. Elles doivent également calculer combien d'heures elles consacreront à un démarrage, alors qu'elles s'occupent de jeunes enfants, et ajouter les frais de garderie qui s'accumuleront lorsque le nombre d'heures au travail augmentera.

Mais les enfants peuvent également être un actif pour les entrepreneures, mentionne Mme Gracie-Smith, qui amenait ses trois garçons au bureau lorsqu'ils n'allaient pas à l'école. « Ils m'ont permis de garder les pieds sur terre. Si je n'avais pas d'enfants, je ne pourrais pas faire ce travail, » dit-elle. « Les égos sont très forts lorsqu'on a affaire à des conseillers. Et du point de vue des négociations et de la diplomatie, le fait d'avoir eu trois garçons en trois ans m'a aidée à voir l'optique de mon vis-à-vis. »

Ceci m'a également enseigné à être un patron plus souple. Plusieurs des membres de son personnel sont mères de jeunes enfants et elles travaillent de leur domicile. « Peu m'importe le moment où vous effectuez votre travail pourvu qu'il soit fait, » mentionne-t-elle. Et puisqu'elle peut dire immédiatement lorsqu'une personne s'implique, elle peut se concentrer sur « l'aspect affaires » plutôt que sur l'aspect personnel, de son entreprise. En fait, les mères se sont avérées de si bonnes employées, « elles sont mieux à même d'effectuer plusieurs tâches », que le nombre d'hommes par rapport aux femmes dans les effectifs a diminué passant de 80 pour cent au début pour atteindre 50 pour cent aujourd'hui.

De plus, les entrepreneures avec des enfants n'ont pas à se soucier des avantages qu'elles ne peuvent avoir sans un emploi dans une entreprise, dit-elle. Vous pouvez maintenant acheter ces avantages de plusieurs fournisseurs différents pour vous-même, votre personnel grandissant et votre famille en croissance.