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NÉPOTISME : bon, mauvais ou simplement la nature humaine?

par Bob Ramsay, Decembre 2005

La pratique qui consiste à favoriser l'embauche ou la promotion d'un membre de votre famille ou d'un ami est une façon de faire que la plupart d'entre nous désapprouvent.

Le népotisme en soit, n'est ni bon ni mauvais. Comme plusieurs experts vous le diront, il s'agit simplement d'une réalité de la vie, particulièrement pour les petites entreprises. Après tout, qu'est-ce qu'une entreprise familiale, sinon une entreprise dirigée par un groupe de personnes liées par le sang?

Alors, comment profiter des avantages du népotisme (y compris la loyauté et le travail d'équipe) sans les inconvénients qui l'accompagne (y compris de recevoir des avantages injustes par rapport aux autres employés)?

Jean Marlow est une conseillère en ressources humaines de Toronto qui aide les petites entreprises qui n'ont pas les moyens d'embaucher une personne en ressources humaines à temps plein. La règle de portée capitale, dit-elle, consiste à ne pas avoir de personnes apparentées sous un lien hiérarchique. « Elles peuvent travailler ensemble, dans la même compagnie et dans le même service. Mais si l'une relève de l'autre, peu importe les niveaux de hiérarchie, il y aura la perception qu'elles obtiennent des informations privilégiées ou qu'elles reçoivent des faveurs comme des affectations ou des promotions généreuses. »

Selon madame Marlow, la perception est la réalité. « Il importe peu qu'un employé accorde des avantages à un autre en raison d'un lien d'amitié ou de parenté. Le lien hiérarchique compte davantage. »

Rhoda Beecher a dirigé les ressources humaines et la fonction de développement de l'organisation du Centre for Addiction and Mental Health de Toronto qui, avec 2 500 employés, est l'une des plus importantes installations de santé mentale au pays. Madame Beecher indique qu'il est sain d'établir des relations en tout temps. « Comment serait-il possible autrement de se rencontrer et de se marier? » Ce qui importe est que chacun connaisse les politiques de l'organisation en matière de liens hiérarchiques. « Auparavant, indique madame Beecher, une personne devait changer d'emploi au sein de l'organisation ou démissionner tout simplement. C'était habituellement l'employé le moins ancien de l'échelle administrative, et malheureusement, très souvent, une femme. » Ceci est beaucoup moins fréquent actuellement, puisque les changements dans les liens hiérarchiques peuvent être effectués sans avoir à forcer les gens à accepter d'autres fonctions.

Ce que madame Beecher reconnaît, parce qu'elle œuvre auprès d'une institution publique, ce sont les manœuvres de couloirs provenant des politiciens et de leurs alliées pour l'embauche d'un ami privilégié. De nouveau, cela a changé énormément au cours des dernières années, alors que plusieurs gouvernements interdisent à leurs politiciens et à leurs fonctionnaires de recommander une personne pour un poste au sein de leur gouvernement. « Encore, » concède madame Beecher, « lorsque les manœuvres de couloirs se déroulent actuellement, le défi d'y faire face est toujours présent. »

Pour Shannon Behnke, directrice principale des ressources humaines de la Banque Scotia, le népotisme comporte son côté positif. «Dans le domaine des technologies, par exemple, nous cherchons sans cesse du nouveau personnel hautement qualifié. Et qui connaît ses personnes le mieux? D'autres personnes hautement qualifiées en technologie — qui travaillent déjà pour la Banque Scotia. Nous disposons donc d'un programme de recrutement non officiel où nous récompensons les banquiers Scotia qui nous permettent de reconnaître et d'embaucher leurs amis et leurs collèges des TI les meilleurs et les plus intelligents. Cela nous permet d'économiser temps et argent, et mène à une plus grande loyauté envers la compagnie. »

Lorsqu'on songe aux petites entreprises, les questions sont les mêmes, mais les défis peuvent être plus importants. Si une fondatrice de société entêtée souhaite ignorer sa vice-présidente et embauche l'ami d'une personne apparentée, cela relève finalement du choix de la fondatrice. Mais un tel comportement peut avoir des répercussions très importantes comme des démissions de la direction, un mauvais moral et une réputation qui rendra plus difficile l'embauche des personnes les plus qualifiées et les plus intelligentes.