![]() |
Avez-vous une assurance-invalidité ?par Bob Ramsey, Mai 2004 La plupart des propriétaires de petites entreprises possèdent une assurance-vie. Par contre, très peu souscrivent une assurance-invalidité, bien que les chances d'être malade ou blessé et donc, incapable d'accomplir son travail, soient beaucoup élevées que celles de mourir alors que vous êtes le chef de l'entreprise. Certains entrepreneurs sont effrayés par la complexité de l'assurance-invalidité (un agent digne de confiance verra à fournir des explications précises) ou son coût élevé. Il est vrai que l'assurance-invalidité coûte davantage que l'assurance-vie, mais comme le souligne Peter Seligman, de la firme indépendante de planification d'assurances Seligman and Associates de Toronto : « si votre entreprise était fondée sur un procédé, un équipement ou une technologie unique, elle serait pleinement assurée. Il ne faut pas oublier que dans plusieurs petites entreprises, le propriétaire est l'un des actifs les plus importants; il ou elle est l'entreprise. Vous voudrez alors assurer à la fois la poule et les oeufs d'or." Remplacement du revenu gagné L'assurance-invalidité permet de remplacer votre revenu à la suite d'un accident ou d'une maladie. Le montant d'assurance-invalidité auquel vous êtes admissible est calculé en fonction de votre revenu gagné actuel, c'est-à-dire votre salaire, vos primes et vos dividendes. Vous devrez prouver ces chiffres en remettant votre déclaration de revenus et vos états financiers à l'assureur potentiel. La perte de revenu ne sera jamais remplacée à 100 %, puisque l'assureur veut vous encourager à reprendre le travail, peu importe la gravité de votre maladie ou de vos blessures. En règle générale, vous devriez tenter d'obtenir un montant de remplacement représentant entre 66 % et 75 % de votre revenu. Vos primes sont habituellement payées en dollars après impôt, ce qui ajoute à leur coût réel. Par contre, les prestations que vous touchez grâce à votre police sont exonérées d'impôt. Au moment de calculer votre prime, la compagnie d'assurance considère non seulement votre revenu, mais également votre âge et votre sexe. (Bien que les coûts de l'assurance-vie soient plus élevés pour les hommes que les femmes, les coûts de l'assurance-invalidité le sont davantage pour ces dernières. Car la mortalité est plus élevée chez les hommes, mais la morbidité en générale est plus élevée chez les femmes.) Votre coût et votre couverture peuvent varier énormément Vos primes et votre couverture dépendent de votre industrie et de votre catégorie d'emploi. Si vous oeuvrez dans le secteur de la construction et que vous visitez le lieu de travail quotidiennement, vous paierez davantage que si vous travaillez dans un bureau. Les polices d'assurance-invalidité versent un montant lorsque vous êtes partiellement ou complètement invalide. Ainsi, si vous glissez sur la glace et que vous vous cassez la jambe, vous devrez probablement suivre des traitements de physiothérapie deux heures par jour pendant environ un mois. Vous n'êtes alors pas complètement invalide et pouvez être au travail et accomplir le travail comme vous le faisiez auparavant. Mais votre capacité lucrative a diminué, puisque vous êtes désormais absent du bureau deux heures par jour. Ainsi, votre police permet de remplacer cette perte. Examinons maintenant le concept de « occupation propre », c'est ici que l'assurance-invalidité se complique. (N'hésitez pas à parler à un agent fiable qui prendra le temps de vous expliquer le fonctionnement de l'assurance). Après avoir subi des blessures, pouvez-vous poursuivre votre « occupation propre » ? Si votre police permet que vous receviez une somme mensuelle lorsque vous n'êtes pas en mesure de poursuivre votre occupation, il est très important de définir ce qu'est cette occupation. Le « propriétaire d'une petite entreprise » n'a pas une occupation, mais le neurochirurgien et le facteur en ont une, car chacun de ces deux métiers exige des compétences particulières et connues. Mais, de nombreux propriétaires de petites entreprises sont généralistes. Il est donc important de définir les compétences particulières que vous utilisez dans votre entreprise. De cette façon, si vous détenez une police d'assurance-invalidité « occupation propre », les compétences que vous utilisez pour générer un revenu auront été définies avant que l'invalidité ou la maladie ne soit survenue, il sera possible de déterminer dans quelle mesure cette invalidité ou cette maladie vous empêche d'utiliser ces compétences. Comme il fallait s'y attendre, la police d'assurance-invalidité « occupation propre » coûte davantage que les polices « aucune occupation », ce qui signifie que si vous n'êtes plus en mesure de pratiquer la neurochirurgie, mais que vous pouvez livrer le courrier, vous êtes considéré comme de retour au travail et pleinement capable d'accomplir le travail le jour où vous vous présentez au bureau de poste. Bien entendu, nous considérons que le bureau de poste accepte d'embaucher des neurochirurgiens atteints d'invalidité. Il n'y a aucune clause précisant que le poste pour lequel vous êtes réputé apte doit être disponible. Selon Stephen Smith, dirigeant de Yorkminster Insurance à Port Hope, en Ontario, plusieurs entrepreneurs tentent d'éviter les coûts élevés d'une police d'assurance-invalidité en souscrivant à une police offerte par leur association professionnelle ou un club philanthropique qui offre d'autres avantages médicaux et d'assurance. Ces polices sont habituellement moins chères, mais « vous obtenez ce pour quoi vous payez », mentionne M. Smith. Puisque la personne assurée (vous) n'est pas partie au contrat, qui a été conclu entre l'association et l'assureur, vous pourriez voir votre protection diminuée ou devoir payer des augmentations de primes très importantes. Les polices privées coûtent davantage, mais elles offrent des taux et des paiements garantis. Quel est alors le coût d'une assurance-invalidité ? Les deux exemples suivants sont fournis à titre d'information uniquement. La détermination du coût d'une police d'assurance-invalidité est complexe. Nuella est une physiothérapeute de 36 ans qui gagne un revenu annuel de 55 000 $. Sa police d'assurance lui permettra de recevoir un paiement mensuel de 2 825 $ si elle devient invalide après une période d'attente obligatoire de 90 jours, et ce, jusqu'à ce que l'une des possibilités suivantes se produise : elle atteint 65 ans, elle recouvre ses capacités ou elle décède. Sa police coûte 285 $ par mois. Elle peut verser 11 $ par mois de plus afin d'avoir le droit d'augmenter sa police d'assurance-invalidité sans avoir à subir un examen médical. Elle peut également payer 214 $ par mois de plus pour que les paiements reçus soient indexés selon le coût de la vie. Jayson est un consultant en gestion de 55 ans qui gagne un revenu annuel de 120 000 $. Il est admissible à recevoir un montant mensuel de 5 000 $. Sa police coûte 319 $ par mois et comporte les mêmes restrictions que celle de Nuella. Il peut verser 77 $ par mois de plus afin que ses paiements soient indexés, mais, en raison de son âge, il n'est pas admissible à augmenter sa police d'assurance-invalidité sans subir un examen médical. Pour la plupart des entrepreneurs, ces montants sont très élevés. L'assurance-invalidité exige d'évaluer les risques et le regret. Selon Stephen Smith, un nord-américain sur trois sera invalide pour une période dépassant 90 jours pendant sa vie active. Pour plusieurs entrepreneurs canadiens, mentionne M. Smith, « le risque le plus élevé est de ne pas comprendre qu'ils ne recevront aucun paiement en cas d'invalidité sans avoir à débourser un certain montant. » Monsieur Peter Seligman conclut : « Pour la plupart des travailleurs autonomes, c'est le seul parachute qu'ils aient; et malheureusement, de nombreux entrepreneurs n'ont même pas cette protection. » |